Le fait est assez rare : des organisations de cyclistes appellent à une manifestation samedi matin 10 h à Paris, place de la Bastille, et dans d’autres villes (Annecy, Avignon, Brest, Perpignan, Quimper, etc.), pour dénoncer les dangers de plus en plus nombreux, selon eux, à faire du vélo, que ce soit dans les campagnes ou les zones urbaines. Sous le slogan «Mon vélo est une vie», les manifestants défileront, rendront hommage aux cyclistes récemment tués et s’allongeront sur le sol. Ils utiliseront leur sonnette «pour faire retentir l’appel au respect des règles élémentaires de sécurité routière et à la bienveillance».

Depuis cet hiver, de nombreux coureurs amateurs de bon niveau ont été tués alors qu’ils s’entraînaient, une série noire qui inclut aussi des usagers anonymes du vélo. En l’absence de stats officielles, difficile de savoir si ces accidents sont en recrudescence ou s’ils sont davantage médiatisés qu’avant. Selon nos informations, le danger grandit bel et bien dans certaines régions, comme l’Ouest de Paris, où des automobilistes «s’amusent» à frôler les cyclistes ou à piler brusquement devant eux.

Si la manif de samedi a été lancée par des cyclistes de compétition, le mouvement de protestation semble rejoint par d’autres associations réunissant les cyclistes de loisir ou ceux qui se déplacent à vélo pour leurs transports quotidiens. Plusieurs collectifs et assos se sont réunis mardi pour préparer une lettre ouverte au président de la République. Avec quatre revendications : des aménagements adaptés, l’information aux conducteurs, l’éducation entre tous les usagers de la route, une campagne nationale de sensibilisation.

Pierre Carrey